Recours à l’avion et climat : qui sont les grands voleurs ?
Dans le cadre du Forum Vies Mobiles, des chercheurs de Lille et Bruxelles ont réalisé une étude très intéressante sur le thème « Recours à l’avion et climat : qui sont les grands voleurs ? », élaborée à partir d’une enquête menée de mars à mai 2026. Vous pourrez la consulter ici.
Climat : le poids écrasant d’une minorité riche, diplômée et métropolitaine
L’aviation émet 6,4 % des émissions de gaz à effet de serre de la France (hors les effets non-CO2 qui doublent leurs effets). Son usage a doublé en 20 ans, un nouveau doublement est anticipé d’ici à 2040, sans espoir de solutions de décarbonation technologiques à court et moyen termes. La distance engendre l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre.
La « démocratisation » de l’avion reste largement illusoire
L’usage de l’avion est très inégalitaire : 20 % des passagers réalisent 76,1 % des vols, principalement une population aisée, diplômée et métropolitaine. Et les 3 % des plus gros utilisateurs concentrent même 25% des vols !

La pratique se reproduit socialement : prendre l’avion jeune augmente fortement la probabilité de continuer à l’âge adulte. 75% des ménages les plus aisés ont déjà utilisé une compagnie low-cost contre seulement 34% des plus modestes. Et plus on est diplômé, plus on vole loin !
Plus de jeunes, parmi lesquels plus de femmes
64% des passagers aériens voyagent à titre de loisirs. Les jeunes générations volent davantage que leurs ainés. Les jeunes femmes volent plus que les jeunes hommes : chez les 25-34 ans : 55,3% sont des femmes et 44,7% des hommes. L’écart est encore plus fort chez les 15-24 ans : 61% de passagères contre 39 % de passagers.

Le crédit aérien, une politique juste, ciblée et efficace
Seuls 15% des Français-es qui ont déjà pris l’avion et savent que c’est polluant ont honte de le prendre (flygskam). La sensibilisation individuelle paraît insuffisante : la présentation préconise un crédit aérien nominatif, limité à deux allers-retours personnels par an, pour réduire équitablement le trafic et les émissions.
Une limitation néanmoins bien inférieure à la proposition des 4 vols dans une vie, promue par Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project. Voir ici.