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Les vrais extrémistes ne sont pas celles et ceux qui veulent changer le monde !

Les vrais extrémistes ne sont pas celles et ceux qui veulent changer le monde !

6 juillet 2026 CC06
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Qui sont les extrémistes ?

Ceux qui réclament une transformation profonde de notre société ou ceux qui s’acharnent à défendre un système dont nous connaissons désormais la cruauté, les injustices et l’impasse écologique ?

Le mot « extrémiste » est devenu une arme politique, un outil sémantique pour disqualifier et ostraciser, indépendamment de toute notion de vérité ou de réalité. Citons juste le terme tout à fait caricatural lancé par le ministre Gérard Darmanin : « écoterrorisme ». Dès qu’une idée remet en cause les intérêts établis, le système ultralibéral de surproduction et de surconsommation, les privilèges ou les habitudes, elle est aussitôt qualifiée d’utopique, de dangereuse ou de radicale. Pourtant, si l’on juge les idées à leurs conséquences plutôt qu’à leur conformité avec l’ordre établi, le véritable extrémisme change de camp.

Regardons les faits

Chaque jour, des millions d’animaux sont élevés dans des conditions industrielles insupportables qui nient presque tout ce que la science nous apprend sur leur sensibilité. Des porcs enfermés toute leur vie dans des cages où ils ne peuvent même pas se retourner. Des poussins broyés vivants parce qu’ils sont nés mâles. Des poulets sélectionnés génétiquement pour grossir si vite que leurs pattes ne supportent plus leur poids. Dans les abattoirs, des enquêtes ont régulièrement révélé des animaux mal étourdis, conscients au moment de leur mise à mort, victimes d’une logique industrielle où la cadence prime sur toute autre considération. On refuse même au consommateur le droit de savoir si la viande qu’il achète est issue d’un abattage rituel sans étourdissement.

Qui est extrémiste ? Celui qui demande que cette violence cesse ou celui qui considère qu’elle constitue le prix normal d’un steak bon marché ?

Chaque année, la planète bat de nouveaux records de température. Les glaciers disparaissent. Les incendies ravagent des régions entières. Les sécheresses succèdent aux inondations. Les scientifiques alertent depuis des décennies sur les conséquences du dérèglement climatique, mais les émissions mondiales de gaz à effet de serre restent à des niveaux incompatibles avec les objectifs annoncés. Malgré les discours, l’économie mondiale continue largement de dépendre des énergies fossiles. Malgré cette montée très apparente des périls, les climatologues se voient insultés, voire menacés, par des cohortes de fous furieux sur les réseaux sociaux…

Qui est extrémiste ? Ceux qui poussent au développement insoutenable de l’aviation long-courrier, ou ceux qui luttent contre cette hausse de trafic aérien et contre les extensions d’aéroport.

Qui est extrémiste ? Celui qui réclame une transformation rapide de notre modèle énergétique et de nos modes de consommation ou celui qui continue à défendre un modèle fondé sur l’extraction toujours plus massive de ressources finies ?

Qui est extrémiste ? Un scientifique, médecin ou chercheur, qui défend la santé publique contre les pollutions environnementales (PFAS, pesticides, etc.), ou un industriel, ou encore un média de droite (citons Le Point), tentant de le disqualifier en le traitant de « militant », voire de « lyssenkiste », en laissant entendre qu’il mettrait la science au service d’une idéologie d’État (cf. Trofim Lyssenko (1898-1976), agronome soviétique et pseudo-scientifique, qui avait défendu une doctrine en contradiction avec les connaissances établies en génétique à l’époque).

Regardons aussi nos sociétés

Des salariés travaillent à temps plein tout en ayant recours à l’aide alimentaire. Des familles renoncent à se chauffer correctement en hiver. Des enfants grandissent dans des logements insalubres tandis que les patrimoines les plus élevés continuent de croître à un rythme sans précédent. Dans le même temps, l’accès au logement, aux soins ou à l’enseignement supérieur devient toujours plus difficile pour une partie de la population.

Qui est extrémiste ? Celui qui estime qu’une société aussi riche ne devrait laisser personne dans cette situation ou celui qui explique que ces inégalités seraient le fonctionnement normal du marché ?

Le paradoxe est là

On qualifie d’extrême celui qui refuse l’exploitation animale, mais pas celui qui industrialise le vivant, sans aucun égard pour sa sensibilité et sa fragilité.

On qualifie d’extrême celui qui demande de sortir rapidement des énergies fossiles, mais pas celui qui accepte des catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes comme un simple « coût du développement ».

On qualifie d’extrême celui qui veut réduire les inégalités, mais rarement celui qui défend un système où quelques centaines de milliardaires concentrent une richesse supérieure à celle de milliards d’êtres humains.

On qualifie d’extrême celui qui veut empêcher le largage en pleine mer de fut de déchets radioactifs (dans les années 1970-1980), ou la tuerie insensée des baleines par des bateaux-usines, ou encore le chalutage massif détruisant indistinctement tous les écosystèmes (coraux, poissons protégés, dauphins, tortues, etc.).

Notre époque souffre d’une étrange inversion des valeurs. Ce qui est établi paraît raisonnable, même lorsque ses conséquences deviennent manifestement destructrices. À l’inverse, ce qui cherche à corriger ces dérives est présenté comme excessif parce que cela dérange les intérêts en place.

L’histoire nous a pourtant déjà montré ce mécanisme. Ceux qui réclamaient l’abolition de l’esclavage étaient accusés de menacer l’économie. Ceux qui demandaient le droit de vote pour les femmes étaient présentés comme des fanatiques. Ceux qui voulaient interdire le travail des enfants étaient considérés comme des rêveurs déconnectés des réalités économiques.

À chaque époque, les défenseurs du statu quo se présentaient comme les gardiens de la raison.

Avec le recul, nous savons qui était du bon côté de l’Histoire

Cela ne signifie pas que toute proposition de changement est nécessairement juste. Les projets doivent être débattus, critiqués et évalués. Mais il est devenu trop facile de disqualifier une idée en lui collant l’étiquette « extrémiste » sans jamais discuter du problème qu’elle cherche à résoudre.

La vraie question n’est plus : « Votre projet est-il radical ? » La vraie question est : combien de souffrances, combien d’espèces disparues, combien d’événements climatiques extrêmes, combien de travailleurs précaires, combien d’animaux abattus dans des conditions que nous n’accepterions jamais pour nos propres compagnons faudra-t-il encore pour admettre que le véritable extrémisme consiste peut-être à vouloir que rien ne change ?

Car lorsqu’un système produit durablement de la souffrance humaine, de la souffrance animale et une dégradation accélérée des conditions de vie sur Terre, l’attitude la plus radicale n’est plus de vouloir le transformer. Elles est de continuer à le défendre, voire à le développer. Un exemple, avec le candidat David Lisnard à Cannes, qui estime qu’il faut déréguler et courir après toujours plus de croissance pour lutter contre les effets de la croissance…

Au mieux, ces gens sont les vrais extrémistes. Au pire, ils ont simplement perdu la raison.

Post-Scriptum : pourquoi nous utilisons parfois des images générées par IA ? Parce que nous avons déjà fait l’objet d’attaques de sociétés privées sur les droits d’images d’illustration, avec des montants exigés dépassant nos modestes moyens (personnels). Aussi, nous faisons un usage raisonné de ces outils dont nous connaissons les impacts environnementaux.


Environnement, Politique
disqualification, extrémisme, Lisnard, ostracisation, radicalisme

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