Etat d’urgence
Peut-être avez-vous vu passer des alertes récentes sur les risques potentiels majeurs liés à l’IA Mythos ? Des risques cyber rapidement déclinés en risques généraux sur notre société. Leurs concepteurs et des experts nous alertent : nous devrions les écouter.
De quels principaux dangers parle-t-on ?
Précisons qu’une IA de type ‘’Mythos” ne crée pas des failles, mais accélère leur découverte et leur exploitation. Le danger vient donc de la vitesse, de l’autonomie, de l’échelle et de la possibilité qu’un tel usage tombe entre de mauvaises mains.
Tout d’abord, une découverte massive de failles existantes. Une telle IA pourrait découvrir rapidement des vulnérabilités inconnues dans des logiciels, navigateurs, systèmes d’exploitation ou encore des infrastructures critiques. Et cette IA Mythos inquiète précisément parce qu’elle excelle dans cette tâche. L’IA prendrait de vitesse la plupart des protections mises en place dans l’écrasante majorité des systèmes informatiques.
Cette IA permettrait une automatisation d’attaques et un contournement des protections classiques. Une publication récente du journal The Guardian indique justement que Mythos aurait réussi une simulation d’attaque complexe en plusieurs étapes. Ainsi, une personne ou un groupe malveillant pourrait devenir beaucoup plus dangereux, au travers de phishing ciblé, malwares, exploitation de bugs, scripts d’attaque, avec une adaptation ultra-réactive : en temps réel.
Une telle IA autoriserait des fuites ou des accès non autorisés. L’agence Reuters a d’ailleurs rapporté un accès non autorisé à Mythos via un environnement tiers. De nombreux secteurs fondés sur des infrastructures critiques pourraient ainsi être déstabilisés : finance, énergie, santé, télécoms : si les failles sont découvertes plus vite qu’elles ne sont corrigées, les capacités de défense se dégradent fortement. Le Japon a même lancé une task force financière liée à ces inquiétudes. Et n’omettons pas le potentiel de désinformation et d’ingénierie sociale et politique (promotions et campagnes ciblées) de ce genre d’outil.
Pourquoi s’alerter ?
Parce que la plupart de nos dirigeants publics ne semblent pas avoir pris la mesure de ces dangers. Des dangers qui peuvent mettre à mal le fonctionnement de notre économie, y compris leurs services vitaux ou fondamentaux : hôpitaux et santé, banques, logistique, industrie, défense, etc. L’effondrement pourrait ne pas arriver par celui (vraisemblable à terme) des écosystèmes, mais par celui de l’ingénierie humaine. Sans être technophobes, on oublie souvent que le progrès technologique draine quantité de regrès derrière lui, dans le sens de régressions. Le progrès est un Janus à deux faces.
Il se trouve que nous assistons, en cette année 2026, à une concentration inédite de risques majeurs : tensions internationales et folle augmentation des budgets militaires (2900 milliards de dollars par an !), blocus du détroit d’Ormuz (impactant les approvisionnements en énergie, en engrais agricoles, etc.), augmentation très nette de la puissance des modèles d’IA.
Cette réflexion n’a pas vocation à affoler nos lecteurs. Mais à leur faire prendre conscience de nos vulnérabilités parfois très importantes, et de l’urgence de réponses concertées, cohérentes, pilotées. La transition écologique, non celle de la politique marketing, mais d’une vraie transformation de notre société, apparaît comme l’une des réponses-clés à cette montée des périls. Il nous faut gagner en autonomie et en sobriété, et donc en capacité de résilience.
Gouverner, c’est prévoir
Que prévoient, qu’anticipent nos politiques, plus affairés à préparer leurs campagnes électorales et leurs petites batailles partisanes, ou encore des projets inutiles ou néfastes (ex : JO 2030, extensions d’aéroport, etc.), qu’un avenir commun plus sécurisé ?
Et justement, notre territoire maralpin est particulièrement concerné, avec une faible autonomie énergétique, industrielle et agroalimentaire. Pour rappel, nous dépendons à plus de 98% des produits alimentaires consommés par la population des Alpes-Maritimes. Ce point est critique. Ensuite, tout est fait pour renforcer notre dépendance économique au seul secteur touristique. Or, celui-ci sera le premier à tomber à la prochaine crise énergétique majeure. A cet égard, on voit déjà apparaître de sérieuses inquiétudes sur l’approvisionnement en kérosène (plus d’un milliard de litres sont consommés chaque jour dans le monde), liées aux fortes tensions au Moyen-Orient.
Et si nous devenions un peu sérieux ?
Nous sommes (déjà) en 2026. Il est temps de nous réveiller, et de cesser de penser comme durant les Trente Glorieuses, à courir après le profit, la croissance du PIB, ou la concurrence effrénée entre nos continents, nos pays et nos régions. Les temps ont radicalement changé ! Sept limites planétaires, sur neuf, ont été dépassées. Le réchauffement climatique s’emballe et compromet l’habitabilité de notre planète. La France se dirige à grands pas vers un climat réchauffé de +4°C d’ici une ou deux générations. L’IA apporte des solutions novatrices, mais en même temps qu’elle menace très sérieusement notre sécurité collective.
Les citoyens doivent alerter nos dirigeants publics et exiger de sortir de la com’ stérile pour enfin se pencher sur une authentique transformation de notre société, pour enfin affronter les gigantesques défis de ce siècle. Sans œillères, ni faux-semblants, ni illusions. Mais avec lucidité, courage et détermination.