A la Préfectures des Alpes-Maritimes, pollution aux contre-vérités…
Le Collectif Citoyen 06 participe depuis des années aux réunions COPIL (‘’copilotage’’) du Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) de la Préfecture des Alpes-Maritimes. Il se trouve que ce copilotage ne nous satisfait absolument pas, comme plusieurs autres acteurs de la société civile, membres de cette assemblée. Explications.
Parmi les griefs, nous ne supportons plus la façon dont sont gérées ces réunions sous l’autorité du représentant de l’Etat. Les préfets successifs – ne jugeant probablement pas la qualité de l’air comme étant une priorité sanitaire du territoire, se font systématiquement représentés par leur secrétaire général, n°2 de la Préfecture, M. Patrick Amoussou-Adeble depuis novembre 2024.
Or il se trouve que cet administrateur de l’Etat réaffirme régulièrement des contre-vérités lors de ces réunions COPIL. La dernière a eu lieu le 9 décembre 2025. Comme à l’occasion de COPIL précédents, des associations, dont la nôtre, ont pointé le rôle important de la hausse significative des émissions de l’aéroport de Nice dans la qualité de l’air souvent dégradée, voire médiocre, de notre agglomération niçoise. Ce 9 décembre, la présidente (médecin expérimentée) de l’association Santé Environnement 06 a pris la parole pour pointer ce qu’elle considère comme des aspects défaillants dans ce PPA, concernant l’activité aéronautique. Réponse de M. Amoussou-Adeble (cf. PV provisoire de réunion), identique sur le fond par rapport à ses réponses habituelles : « Le secrétaire général souligne la réalité financière des activités économiques. Il n’est donc pas possible d’arrêter toutes les activités mais il faut concilier les différents intérêts. Ainsi, même si le trafic aérien augmente, cette augmentation n’est pas forcément proportionnelle aux émissions de polluants puisque l’aéroport met en place des actions et que les normes évoluent en devenant de plus en plus contraignantes. »
- Personne n’a jamais demandé l’arrêt de l’activité de l’aéroport de Nice. Ces caricatures sont déshonorantes et méprisantes, car elles ne représentent en rien la pensée des acteurs associatifs. Lutter contre les extensions d’aéroports et hausses de trafic aérien n’implique nullement la suppression desdits aéroports.
- Affirmer que l’augmentation du trafic aérien et des émissions de polluants ne sont pas proportionnelles, comme l’a fait le secrétaire général, est un mensonge ou une méconnaissance indigne d’un représentant de l’Etat. Cette affirmation est absolument contrefactuelle.
Si M. Amoussou-Adeble pense que l’économie doit être prioritaire sur la santé publique, qu’il ait au moins le courage de le dire publiquement, plutôt que de tromper les citoyens.
La réponse de la présidente de l’association Santé Environnement 06 ne s’est d’ailleurs pas faite attendre (reprenons le PV) : « Santé Environnement 06 argumente que les circonstances économiques ne sont pas forcément le cœur du sujet puisqu’il s’agit surtout de santé publique. L’étude d’impact sur l’aéroport de Nice indique une augmentation de 28 700 vols mais une diminution de 11 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2024 et 2034. L’association se demande comment cela est possible. »
C’est en effet impossible. L’analyse des études d’impact de la société des Aéroports de la Côte d’Azur (ACA) est sans appel. L’extension T2.3 de l’aéroport de Nice permettra l’augmentation du trafic de +28 700 vols par an, avec une hausse très significative de plus de 300 000 tonnes de CO2e par an, soit +26% et non -11%. Le Collectif Citoyen 06 a régulièrement dénoncé cette tromperie, au cours des années passées.
Si le représentant de l’Etat fait le choix de couvrir les mensonges de la société privée ACA, pourquoi les instances officielles membres du COPIL ne réagissent-elles pas ? Nous pensons à AtmoSud, par exemple. L’économie ne doit pas tout permettre, et le Préfet ne doit pas se comporter comme un représentant de commerce.
Oui, une extension d’aéroport engendre une hausse de trafic aérien.
Oui, une hausse de trafic aérien génère des hausses de polluants et de bruit, tous facteurs néfastes à la santé publique.
Monsieur Amoussou-Adeble, cessez donc de mentir et de prendre les citoyens pour des incultes !
Monsieur le Préfet Laurent Hottiaux, rappelez-lui les bases d’un COPIL respectueux de ses membres et de la simple réalité des choses.
Ces points seront rapportés aux consultants du prestataire PwC qui vont interroger les membres du COPIL PPA sur leur RETEX, du 2 au 13 mars 2026. Au passage, une prestation d’un montant de 47 000 euros versés par l’Etat à un cabinet, alors que ces retours d’expérience pourraient tout à fait être mandatés à des fonctionnaires cadre A/B de la fonction publique d’autres directions ou préfectures. Il nous semblait que les finances publiques n’étaient pas au beau fixe, non ?