Estrosi et Ciotti, vert bonnet, bonnet vert du cirque écologique

Ces derniers jours, alors que le couple infernal des Laurel et Hardy niçois a déterré la hache de guerre (il n’en fallait pas beaucoup !), leurs publications sur les réseaux sociaux auraient de quoi faire rire les agelastes les plus radicaux. Autrement dit, même ceux qui sont hermétiques à l’humour. Et pourtant, leurs services com’ ne font pas d’humour : ils désinforment plus que jamais, dans ce qui tient plus lieu de cirque que de pré-campagne électorale. Et vous connaissez l’adage : « Si un clown emménage dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque ». Nous y voilà… Estrosi se prendrait donc pour un Monsieur Loyal bien peu crédible, de façon à contrer sa petite bête noire : Auguste Ciotti.
S’il est un domaine où ces deux-là excellent, c’est bien dans le cirque écologique. Alors qu’il y a quelques années, les deux compères étaient en phase pour livrer la Plaine du Var aux bétonnières et aux grues, l’un comme maire, l’autre comme président du département, voilà qu’Auguste et Loyal s’entre-déchirent sur l’Ecovallée, devenue la vallée du béton.
Le sommeil des terres fertiles s’est achevé en coma définitif
Entrons sur la piste. Sur les réseaux sociaux, fin août, la ville de Nice a livré la pensée stratégique complexe de Christian Loyal : afin de vanter son merveilleux bilan écologique, les serfs-ville nous expliquent que le stade Allianz Riviera et toutes les œuvres bétonnées associées ont (enfin) réussi l’exploit de réveiller les « espaces endormis ». Ce boomer de 70 ans a manifestement pris conseil auprès d’un autre boomer de 70 ans : Richard Chemla, son conseiller santé-environnement, un ancien … anesthésiste.

Et qu’étaient ces « espaces endormis » ? Oui, vous avez la réponse : ils n’étaient rien d’autre que les terres très fertiles de la Plaine du Var. Et d’en rajouter : « Fini l’anarchie sur la Plaine du Var »… Tordre la réalité à ce point est hallucinant. Sans le moindre doute, George Orwell y reconnaîtrait la Novlangue de son chef-d’œuvre d’anticipation : ‘’1984’’. La dictature du béton aurait donc remplacé la prétendue anarchie ?
Si les terres niçoises dormaient tranquillement, soyons rassurés : elles sont à présent profondément décédées, sous les chapes de béton qui leur servent de sépulture. Ce que ne comprendra jamais Christian Loyal, c’est qu’avec moins de 1% d’autonomie alimentaire, détruire les terres n’est pas l’idée la plus géniale. Non, le béton n’est pas la réponse à l’insécurité alimentaire du pays niçois. A ce stade (pas celui de l’OGC), s’agit-il d’inculture, d’incompétence, de corruption affairiste ou de cynisme écologique ?
Toujours plus d’avions de ligne pour répondre à l’urgence climatique ?

Nous sentons que vous aimeriez avoir un autre exemple. Le voici ! Le 21 septembre 2019, le Conseil métropolitain niçois, présidé par Christian Loyal, décrétait l’état d’urgence climatique. Normal. Mais moins de six ans après, le 28 août 2025, que raconte-t-il sur les mêmes réseaux sociaux (X-Twitter) ? « Bonne nouvelle pour Nice : Delta Air Lines ouvre une ligne directe Boston–Nice ! La preuve que notre stratégie porte ses fruits : moins de tourisme, mais mieux. Un positionnement haut de gamme qui attire de nouveaux voyageurs et qui renforce notre rayonnement économique et nos liens avec les Américains ! » Là, nous sommes séchés. Comme nous l’avons été lorsqu’il faisait sponsoriser ses sommets climat par … TotalEnergies. C’est qu’à force d’être séchés par cet artiste, nous allons nous momifier !
Explication : Estrosi est aveuglé par le tourisme-vache à lait, tout en se défendant de promouvoir le surtourisme. Pour rappel, il a soutenu officiellement, par trois fois, le projet d’extension T2.3 de l’aéroport de Nice, qui participera activement à la hausse de +28 000 vols par an d’ici 10 ans, dont une majorité de vols internationaux (et donc à la hausse des émissions de gaz à effet de serre et de polluants). Pour illustrer, un seul vol aller-retour entre Boston et Nice, celui qui a ravi notre boomer, émet l’équivalent de plus de 500 tonnes de CO2. A comparer au gain annuel de CO2 que permet la végétalisation d’une cour d’école niçoise : 500 kg, soit 1000 fois moins.
Une hausse de plus de 6 millions de passagers d’ici 2034, et de +28 000 vols annuels (soit 80 par jour en moyenne), c’est donc … « moins de tourisme, mais mieux ». En fait de mieux, c’est juste un panier moyen plus important chez nos faux-amis américains, que préfère le maire sortant aux Français et Européens qui souhaitent visiter la Côte d’Azur. Le patriotisme d’Estrosi s’arrête tout net devant le tiroir-caisse. Vivent les dollars, et aux chi.ttes le plan Climat ! Pour preuve, ce plan, baptisé PCAET, vient d’être renouvelé sur un constat (non révélé) d’échec de la version 2019-2025, puisqu’aucun de ses six objectifs n’aura été atteint, dont celui de la baisse des émissions de gaz à effet de serre. On comprend mieux, non ?
Toujours plus de photos photoshopées pour vanter son bilan
Un tout dernier exemple, assez révélateur de la manipulation générale pratiquée à la mairie de Nice. Dans le cadre de sa grande rentrée politique (alors qu’il n’est jamais sorti), Estrosi affecte ses services com’ à sa pré-campagne, en multipliant les publications sur l’avant-après de ses projets. Et qu’y voit-on ? Une multitude de photos ‘’avant’’, avec un ciel gris ou sombre, et de photos ‘’après’’, avec un ciel azuré. Retenez que Christian Loyal est l’inventeur du ciel bleu.

Bref, en 2026, expulsons définitivement cette clique CLAC : Christian Loyal et Auguste Ciotti. L’escroquerie climatique a assez duré. Et Nice mérite mieux ! En disant cela, nous avons bien sûr une petite pensée pour la multiplication des affaires et des perquisitions, pour la dette, pour les insultes proférées à l’encontre d’opposants politiques ou de citoyens alertes, pour la pauvreté endémique et le surtourisme délétère. Notamment.